Historique

 

Le château de Pâquier est situé sur une large plateforme érigée selon toute probabilité au XVIIe siècle.

Le château actuel apparaît composé de deux ailes formant un angle légèrement aigu à l’intérieur duquel vient se loger une tourelle d’escalier circulaire.

Plusieurs périodes de construction sont discernables. La partie la plus ancienne est la façade nord, la mieux protégée, et la seule à présenter un aspect défensif. Deux fenêtres superposées, hautes et étroites, peuvent être datées de la fin du XIIe siècle et attestent l’origine médiévale du bâtiment.

Plus récentes, sur la même façade, sont les baies à croisillons et meneaux moulurés traduisant des aménagements postérieurs : XVe – XVIIe siècles. L’aile Est du château et la tourelle de l’escalier doivent être rapportées au XVIIe siècle ; l’aile montre de larges croisées à moulures plates, cependant que la tourelle s’orne d’une porte encadrée de pilastres et surmontée d’un fronton triangulaire. Le château a été bâti par la famille Alleman, peut-être vers 1566, à une époque où les châteaux féodaux de Pâquier et la Cluze n’étaient plus habitables. Peut-être fut-il simplement rebâti in-situ, ce qui expliquerait la présence des fenêtres médiévales évoquées plus haut. On observe en effet, à l’ouest du château et à peu de distance, une butte, peut-être d’origine artificielle ( motte féodale ) sur laquelle subsistent quelques ruines informes. Cet emplacement était peut-être celui de la fortification originelle de laquelle divers matériaux et les fenêtres du XIIe siècle auraient pu être récupérées pour la construction actuelle.

Si on n’a pas la certitude que le premier château de Pâquier ait été édifié par Alleman, on sait néanmoins que, dès 1262, une branche de cette famille possédait la terre de la Cluze et Pâquier : Odon Alleman, seigneur de la Cluze et Pâquier qui aurait fait reconstruire le château actuel, peu avant sa mort survenue en 1569. Son fils Alexandre Alleman, qui fut gouverneur de Maurienne sous Henri IV puis maréchal de camp sous Louis XIII, l’embellit sans doute. Après lui, le château passa à sa fille, Charlotte, veuve du baron de Pressins puis à sa fille, Françoise Virginie dite « la Marquise de Pâquier ». Le 13 mars 1677, celle-ci cèdera le château à Noble Georges, « Chevalier des Oches ». A la Révolution, le château, qui appartenait au Chevalier Jacques d’Istre, sera vendu comme bien national à un dénommé Chalance.

Le riche fermier des Vaux, le sieur Ennemond Pollin devint propriètaire du château et des terres seigneuriales dans la première moitié du XIXe siècle.

Sources : Bulletin des « Amis de la Vallée de la Gresse » – n°36 décembre 1995